Chevalet ou trépied de toit : rôle, normes et loi

Le chevalet de toit, aussi appelé trépied ou tréteau, est une composante de l’entrée électrique d’un bâtiment résidentiel ou commercial installée dès le début du 20e siècle. On retrouve les normes techniques d’installation concernant les chevalets/trépieds dès les premières éditions du code de l’électricité en 1927.

Il fait office de point de raccordement entre le bâtiment et le réseau du distributeur d’électricité (aujourd’hui Hydro-Québec). Il sert à supporter le câblage au-dessus du toit entre le réseau d’Hydro-Québec (les poteaux qu’on retrouve sur la rue) et les entrées électriques des bâtiments (les conduits qu’on retrouve fixés sur les façades arrières des immeubles).

Il est fabriqué en acier et possède habituellement 3 isolateurs fixés sur sa partie transversale qui servent à s’assurer que l’électricité du câblage électrique ne vienne pas en contact avec le bâtiment et ses parties métalliques. Il est fixé sur des morceaux de bois et maintenu en place avec de la broche. Il n’est donc pas impossible de croire que certains de ces chevalets/trépieds soient en place depuis près de 100 ans.

Normes à respecter pour un chevalet de toit au Québec

De nos jours, on est inondé d’informations et c’est parfois un défi de s’y retrouver. Vous pourrez même trouver de l’information contradictoire provenant de maîtres électriciens et parfois d’entreprises qui œuvrent dans le domaine des toitures. D’ailleurs, une chose est très claire : seul un maître électricien peut intervenir sur ces installations.

Deux points essentiels à retenir :

  • Les chevalets ou trépieds sont des installations existantes faisant partie intégrante de l’entrée électrique de l’immeuble.
  • Il est interdit de réparer et/ou de modifier ces installations sur chevalets ou trépieds.

Pourquoi est-ce interdit de réparer un chevalet ou trépied de toit ?

Les chevalets de toit sont la source de plusieurs incendies sur les toits de bâtiments. Selon le rapport des activités 2024 du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), 8 % des incendies de bâtiments sont liés aux équipements de distribution d’électricité.

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Depuis 2007, à la demande d’Hydro-Québec, la RBQ a modifié l’article 6-302, paragraphe 2, du Code canadien de l’électricité pour y apporter cette précision :

En résumé:
Il est interdit d’avoir du câblage exposé sur des chevalets en surplomb d’un toit. Il est également interdit de modifier ou de réparer des installations sur chevalets. Si un bris survient ou si une modification est nécessaire, les entrées électriques doivent être entièrement reconformées pour éliminer le câblage exposé.

Le problème n’est pas le chevalet lui-même (il peut encore être installé sur des dépendances comme des bâtiments agricoles ou des industries sous certaines conditions). La problématique est la présence de câblage exposé au-dessus du toit. Même en réparant la base en bois, le chevalet ou le câblage, la condition dangereuse reste toujours en place. C’est pourquoi l’ensemble de l’installation doit être enlevé et conformé.

Qu’est-ce qui cause les courts-circuits ?

Plusieurs situations peuvent provoquer des courts-circuits sur les installations à chevalets :

  1. Les fils ne sont pas fixés correctement sur les isolateurs. Ils tombent sur la partie métallique du chevalet et, sous l’effet du vent, l’isolant s’use jusqu’à ce que le cuivre ou l’aluminium entre en contact avec l’acier, causant un court-circuit.
  2. Les raccords de fils étaient enrubannés avec du ruban électrique (« tape »). Avec le temps, le soleil et la pluie, ce ruban disparaît et les raccords porteurs de courant sont exposés. Le vent finit par les mettre en contact les uns avec les autres.
  3. Les petits animaux rongeurs, comme les écureuils, rongent l’enveloppe extérieure des fils, exposant le cuivre et l’aluminium.
  4. Les broches retenant les chevalets rouillent et se coupent avec les années. Les clous finissent par s’arracher et il n’est pas rare, lors de grands vents, de voir des chevalets tomber du toit avec les fils dessus.

En résumé : reconnaître chaque problème

Cause du court-circuit Signe visible à repérer Niveau de risque
Fils mal fixés sur les isolateurs Fils qui pendent ou touchent la partie métallique du chevalet Élevé
Raccords enrubannés dégradés Ruban électrique disparu, raccords noircis ou exposés Élevé
Rongeurs (écureuils, oiseaux) Marques de dents, gaine déchirée, cuivre ou aluminium visible Moyen
Broches et clous rouillés Chevalet penché, descellé ou qui bouge au vent Très élevé

Vous reconnaissez l’un de ces signes sur votre toit ? Ne tentez aucune intervention vous-même : un chevalet endommagé est sous tension. Faites appel à un maître électricien pour une inspection sécuritaire.

Quand faut-il enlever un chevalet ou trépied de toit ?

Idéalement le plus tôt possible, mais plus concrètement lorsque :

  • Le chevalet est tombé ou s’est effondré à la suite de grands vents ou parce qu’il est très rouillé.
  • Vous projetez de refaire votre toiture.
  • Vous ajoutez une entrée électrique à votre immeuble desservi par des chevalets ou trépieds.
  • Vous avez besoin de modifier la puissance de votre entrée électrique de 100 A vers 200 A par exemple.
  • Un problème d’alimentation touche votre immeuble et les raccordements près des chevalets sont à refaire.
  • Les fils sont tout près ou touchent la toiture.

Qui est propriétaire et responsable du chevalet de toit ?

Lorsqu’un problème survient avec un chevalet de toit, il peut être difficile de déterminer qui doit intervenir : Hydro-Québec, le propriétaire ou un électricien certifié. Cette confusion est très fréquente, car l’entrée électrique comporte des composantes qui appartiennent au client et d’autres qui relèvent du réseau public.

La responsabilité d’Hydro-Québec s’arrête au « point de raccordement », c’est-à-dire au premier chevalet où les raccords entre le fil appartenant à Hydro-Québec et celui appartenant au client se raccordent ensemble. En résumé, tout ce qui se trouve sur l’immeuble vous appartient.

Hydro-Québec intervient uniquement pour les éléments du réseau public

Hydro-Québec n’interviendra pas si un problème électrique survient à votre immeuble. Ils vous demanderont de contacter votre maître électricien, qui s’occupera de coordonner avec Hydro-Québec une intervention si nécessaire. Hydro-Québec interviendra seulement si le problème est du côté de leur réseau (transformateur, connexion basse tension, branches tombées du côté réseau).

Qui peut intervenir lors d’un problème avec un trépied de toit ?

Seul un maître électricien avec des électriciens certifiés et formés à la norme CAN/ULC-S801 peut intervenir sur les installations de chevalets qui agissent comme point de raccordement avec Hydro-Québec.

Les interventions se déroulent en équipe afin de répondre à la norme CAN/ULC-S801. Les électriciens doivent porter les équipements de protection individuel arc-flash avec visière de protection, gants isolés 1000 V, etc.

Combien coûte l’enlèvement des chevalets de toit ?

Les coûts peuvent varier de façon importante. Il faut planifier entre 3 000 $ et 15 000 $ (et parfois plus) pour l’enlèvement des chevalets afin de refaire l’installation de façon conforme au code électrique et au Livre bleu d’Hydro-Québec.

Les éléments qui font varier les coûts :

  • La quantité d’entrées électriques existantes dans le bâtiment (1, parfois jusqu’à 5 ou 6)
  • La puissance des entrées électriques (100 A, 125 A, 150 A, 175 A ou 200 A)
  • La nécessité de re-localiser les compteurs d’Hydro-Québec à l’extérieur
  • Le remplacement des panneaux électriques
  • Les dimensions du bâtiment (un bâtiment plus haut et plus profond nécessite plus de conduits et de filage)
  • Les embases de compteur (à regrouper ou avec disjoncteur combiné)
  • Les contraintes liées aux exigences d’Hydro-Québec, du code électrique et des règlements municipaux

Comment se déroule un projet d’enlèvement des chevalets ?

L’enlèvement des chevalets de toit doivent absolument être effectués par un électricien certifié. Cette intervention touche directement l’entrée électrique du bâtiment et exige une maîtrise du Code canadien de l’électricité, une compréhension précise des exigences d’Hydro-Québec et une expertise en gestion de tension mécanique.

Étape 1 : Visite et soumission

Le maître électricien se déplace sur place pour prendre toutes les informations nécessaires. Il visite l’immeuble, prend des photos de chacune des entrées électriques avec les compteurs et vérifie les façades avant et arrière du bâtiment. Il s’assure que les ferrures de branchement et les compteurs pourront être installés en respect des normes. Il prend aussi en compte les contraintes liées à l’architecture du bâtiment.

Étape 2 : Estimation et présentation

L’estimateur produit avec exactitude une soumission pour la démolition des chevalets et installations existantes. Le maître électricien vous présente ensuite la soumission à l’aide de photos et croquis.

Étape 3 : Signature et coordination

Le client signe le contrat avec Gercolec, qui s’occupe dès lors de coordonner les travaux avec Hydro-Québec et de placer les dates de réalisation à l’agenda.

Étape 4 : Réalisation des travaux

Les travaux se déroulent habituellement en deux étapes distinctes :

Première étape : Travaux sans coupure de courant 

  1. Mobilisation au chantier et mise en place des procédures de travail sécuritaires
  2. Installation de la ferrure de branchement
  3. Installation des supports au toit
  4. Installation des conduits et du filage
  5. Installation des embases de compteur à l’extérieur

Deuxième étape : Journée du « déconnect-reconnect » 

  1. Travaux conjoints avec Hydro-Québec (lorsque requis)
  2. Coupure de courant (déconnect)
  3. Démolition des installations de chevalets, conduits, filage, embases de compteur et panneaux électriques
  4. Remplacement des panneaux électriques
  5. Finalisation des conduits, filage et raccordements aux équipements
  6. Identification
  7. Branchement des nouvelles entrées électriques (reconnect)
  8. Tests des voltages
  9. Mise en fonction des entrées
  10. Ménage du chantier et démobilisation

Faites confiance à Gercolec pour l’enlèvement de vos chevalets ou trépieds de toit

En confiant l’enlèvement de vos chevalets à Gercolec, vous assurez :

  • Une installation sécuritaire et conforme aux normes en vigueur
  • Une installation du filage qui évitera tout contact avec la toiture
  • Élimination de la traction exercée sur l’embase électrique
  • Uneinstallation  résistante et durable face au climat québécois
  • Un accompagnement complet avant, pendant et après l’intervention

Nos maîtres électriciens réalisent l’enlèvement des chevalets résidentiels unifamiliaux ou multilogements, commerciaux et industriels partout à Montréal, Laval, sur la Rive-Nord et la Rive-Sud. Chaque intervention est effectuée avec précision afin d’assurer la sécurité, la durabilité et la conformité de votre entrée électrique.

Demandez une estimation dès aujourd’hui et protégez votre installation avec une intervention professionnelle signée Gercolec.